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Manifesto
Nikkei, CAC
40, Nasdaq font la danse des chiffres
Nouvelle économie, stocks-options, nouvel eldorado
Les médias, si libres et conscients, vendent le credo libéral
Et la masse, sous le charme, applaudit les nouveaux gourous
Je n’ai plus le courage de regarder
Ce monde qui scintille de mille feux (c’est à en pleurer)
J’ai parfois envie de laisser tomber
Mais une petite voix me pousse à gueuler « stop ! »
Chômage,
galère, misère – quartiers de relégation
Pour les rejetons exclus de la classe ouvrière
La débrouille, l’arnaque, le trafic sont les seuls horizons
Ils sont à l’image de ce monde pourri par le pognon
Je n’ai plus le courage de regarder
Ce monde qui se délite sous mes yeux (c’est à en pleurer)
J’ai parfois envie de laisser tomber
Mais une petite voix me pousse à gueuler « stop ! »
Je pourrais,
cravaté, faire carrière dans la politique
Et vendre mon âme pour un strapontin de cuir
Et prier les pauvres de faire preuve de patience
Car un jour, bientôt, eux aussi, connaîtront l’abondance
Je me refuse encore à abdiquer
A me soumettre ou à en profiter (à chacun sa fierté)
Et si je n’ai plus de force pour lutter
Une petite voix me poussera à gueuler « Fuck ! »
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MAX
STIRNER
« La
société repose sur mon renoncement, mon abnégation, ma lâcheté, sur ce qu'on
appelle humilité. Mon humilité lui donne du courage, ma soumission fait sa
domination »
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Compétition
Baisse la
tête comme un coureur champion du Kilomètre
Prends tes cachetons et soigne bien ta condition
Tu dois être le premier et sortir du peloton
Si tu veux vraiment gravir les échelons
Compét’, compétition – Compétition (x3)
Compét, compétition !
Courage fiston,
tu te dois toujours de réussir
Apprends tes cours et songe bien à ton avenir
Tu dois être le premier, major de ta promotion
Si tu veux vraiment gravir les échelons
What a strange world ! / What a crazy-crazy
world ! What a strange world !
Is it a human dream, a social tragedy, a capitalist gift ?
What must we do / To block now / The manufacturing of frustration
Bientôt
trente ans, il faut se dépêcher de se marier
S’installer, copuler pour fonder un foyer
Où l’on apprendra à sa blonde progéniture
Comment survivre dans un monde aussi dur
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ALAIN
ACCARDO
« L’essentiel
pour le système, c’est que l’immense majorité de sa population, étroitement
conditionnée, communie spontanément dans une culture où le marketing des
désirs solvables a progressivement substitué le devoir de se faire plaisir au
plaisir de faire son devoir (…) Le système capitaliste ne fonctionne pas
seulement par l’exploitation, la spoliation et l’oppression du plus grand
nombre mais aussi par l’adhésion de la plupart au système qui les exploite,
les spolie et les opprime, c’est-à-dire qu’il fonctionne à l’aliénation
psychologique et morale entretenue par de fallacieuses espérances de succès
individuel et d’accomplissement personnel »
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Le
gouvernement de la peur
On dirait
que le soir vient de tomber sur la ville
Comme un habit noir annonciateur de drames de tout style
Une chape de plomb, une sale odeur de sang frais
Un bruit dans le jardin, une ombre derrière la haie
Madame,
monsieur, le danger est partout
Il est peut-être déjà chez vous
Nous vous prions d’être vigilants, faites confiance aux policiers
On dirait que
le soir vient de tomber sur la ville
On ne voit que des flics qui font des rondes et quadrillent
Les quartiers oubliés où se nichent le désespoir
De ceux que les classes moyennes ne désirent même plus voir
Les marchands
de peur gouvernent
A coups de discours sécuritaires !
La chasse aux pauvres est ouverte
On vit un climat de guerre
Madame,
monsieur, le danger est partout
Il est peut-être déjà en vous
Nous vous prions de renoncer à vos chères libertés
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KARL
MARX
« La
sûreté est le plus haut concept social de la société bourgeoise, le concept
de la police, c’est l’idée que la société tout entière n’existe que pour
garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses
droits et de sa propriété (…) Par le concept de sûreté, la société civile ne
s’élève pas au-dessus de son égoïsme (…) Aucun des prétendus droits de
l’homme ne dépasse l’homme égoïste, l’homme tel qu’il est dans la société
bourgeoise, c’est-à-dire replié sur soi, sur ses intérêts privés et ses
volontés arbitraires, comme un individu séparé de la communauté »
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Yuppie,
yuppie, out
Monsieur
Agio taffe sans cesse (he’s a trader) / Fait de l’argent avec l’argent (free
market for ever) / C’est un middle-class hero (he loves money) / En ces temps
de conscience zéro (ground zero)
Il travaille, calcule / Il œuvre et spécule
Indifférent au monde, conscient de son bon droit
Il est à sa place dans ce monde implacable
Il fait partie de la caste et nous sommes tous des Intouchables
Cadre servile
et stressé (gimme a pill !) / Chaque jour il se démène (Gimme a
reason !) / C’est le prix à payer (What price happiness !) / Pour
le confort, la sécurité (what a waste !)
Il travaille, calcule / Il œuvre et spécule
Indifférent au monde, si fier de son labeur
Il est à sa place dans ce monde sans saveur
Où la docilité ouvre la porte du bonheur
La nuit vient
de tomber, il lui faut maintenant rentrer
Retrouver sa famille dans son quartier sécurisé
Mais dans la vie, c’est bien connu, on est bien moins protégé
Surtout quand un piaf libre sur sa tête vient de chier
Monsieur Agio
ne supporte pas (he’s fucking upset !) / Ces imprévus, ces
« je-ne-sais-quoi » (Major disturbance !) / Qui salissent sans
distinction (Even the monkeys) / Le crâne de n’importe quel couillon (a Bird
shits everyday)
Il gueule, il hurle / Eructe et gesticule
Au milieu de la rue, pathétique, ridicule
Il ne voit pas le bus requis pour les chômeurs
Obligés de taffer pour un RMA de malheur
Quelle mort
atroce ! (Poor Mister Agio)
Que le système est féroce ! (Yuppie-Yuppie
Out !)
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MAO
ZEDONG
« Là
où le balai ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle-même »
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Rogue-state of mind
J’ai tant
croisé de gens dont on avait salé les plaies
Dont les cris de colère, entre quatre murs se perdaient
Murs capitonnés d’un HP, suintants d’une usine à progrès
J’ai tant
croisé de gens à l’existence chaotique
Tendant la main pour obtenir un peu de ce putain de fric
De ceux qui, mieux lotis, se refusent à croiser leur regard
J’ai tant
croisé de gens à l’arrogance non feinte
Accumulant les biens pensant conjurer ainsi la crainte
De se retrouver, un jour seuls, face à leur vacuité
J’ai tant
croisé de gens dont l’idéal de vie
C’est travail, famille, et le samedi, faut pousser le caddie
Et trouver cela normal et voter quand c’est permis
J’ai tant
croisé de gens qui refusaient de se poser
La question existentielle qu’on n’entend jamais à la télé
Qui suis-je, où vais-je existerais-je sans ce satané porte-monnaie ?
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ERRICA
MALATESTA
« Nous
sommes dans le régime actuel, la minorité rebelle, une minorité convaincue
que le mal réside dans les fondements mêmes de la société actuelle et qu’il
faut, par conséquent, détruire radicalement tout le système. Nous devons faire
naître dans le peuple la conscience de ses droits et de sa force »
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Watrin
(1886)
Bienvenue
à Decazeville, ses mines de fond et son cimetière
Où les gueules noires viennent de sortir les drapeaux de la colère
Ecoutez cette
histoire, Méditez ce récit
Ecrit en rouge et noir, Sur fond de misère et de cri
Dans les
taudis pouilleux, on se partage un quignon de pain
La Compagnie s’en moque, on nous traite comme des moins que rien
Mais Watrin,
l’enfoiré, n’en a cure
Il touche un pourcentage sur les baisses de salaire
Il ne veut pas causer aux grévistes rassemblés
Mais les gueules noires ne veulent pas se laisser faire
Ce ne sont pas des chiens dont on botte le cul
S’il ne veut pas entendre, alors il n’entendra plus
La fenêtre
est ouverte, Watrin se fait valdinguer
C’était un vrai voleur mais il ne savait pas voler
Et si pour
conclure, faut donner une morale à cette histoire
C’est que le plus mécréant n’était pas une gueule noire.
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EMILE
POUGET
« Au
lieu de compter sur son propre nerf, sur ses biceps et sa poigne pour se
tailler sa place au soleil, le populo a constamment somnolé et rêvassé,
espérant que d’autres feraient son turbin. Et il en a été la première
victime : les jean-foutre qui se sont mis en avant, s’offrant de
suppléer à sa fainéantise, n’ont rien fait du tout – sauf vivre à ses
crochets ! »
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L’argent
Banquer,
raquer, toujours payer – garde un œil sur le tiroir-caisse ! Passe la
monnaie, banquer, raquer – regarde la Bourse et serre les fesses !
Tout se négocie et s’achète, aucun temps mort pour le racket
Tout se brade et tout se calcule, se joue en bourse et s’accumule
Devant l’argent tout le monde bave, se voit en spéculateur
C’est la folie, c’est la curée, tout le monde veut faire son beurre
Banquer, raquer,
toujours payer – garde un œil sur le tiroir-caisse ! Passe la monnaie,
banquer, raquer – regarde la Bourse et serre les fesses !
Grâce à la magie d’Internet, suivez les cours instantanément
Faut toujours être aux aguets, prêts à bondir, pour ramasser la mise
Tout se deale et tout se vend, y’a pas de répit avec l’argent
La vigilance est nécessaire si tu veux éviter d’avoir le cul à l’air
Le nez dans
les étoiles / Crier son amour au vent
Caresser un pétale / Et dormir un moment
Banquer,
raquer, toujours payer – garde un œil sur le tiroir-caisse ! Passe la
monnaie, banquer, raquer – regarde la Bourse et serre les fesses !
Si tu veux vivre heureux, il faut placer tes sous
Faire du pognon avec du pognon, telle est la nouvelle religion
Si tu veux être reconnu, il te faut accumuler
Des conneries, des marchandises, tout ce qui peut rendre envieux
Banquer,
raquer, toujours payer – garde un œil sur le tiroir-caisse ! Passe la
monnaie, banquer, raquer – regarde la Bourse et serre les fesses !
Tu peux bailler aux corneilles, mais le temps c’est de l’argent
Ta posture est ridicule et sans espoir, l’avenir radieux sera mercantile
Oublie tes vieilles idées et rejoins vite la curée
Car depuis qu’le monde est monde, d’l’argent y’en a pas pour tout
l’monde !
Libérer de l’espace,
Conquérir un peu de temps
Se regarder dans la glace, et se voir autrement
Qu’en imbécile heureux bouffi par son orgueil
Qu’il a placé au creux de son portefeuille
Libérer de l’espace et se battre constamment
Se regarder dans la glace, et se sentir vivant
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WOODY
ALLEN
« Si
la merde était cotée en bourse, les pauvres naîtraient sans trou du
cul »
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Progrès ?
De la pierre
polie aux centrales nucléaires
A la bombe-miracle qui repousse la poussière
Y’a pas de mystère, Adam l’humain
A accompli un sacré bout de chemin
Glorifions le
progrès qui apporte tant de choses
OGM, digicode et sauce madère en poudre
Prosternons-nous devant tant de génie
Prosternons-nous et crions « Vive Dieu, le Kapital et Nous ! »
Assujetti aux
écrans cathodiques
Flicage ultime de nos vies pathétiques
Nous vivons le monde par procuration
Incapable sans image de connaître l’émotion
Glorifions le
progrès qui apporte tant de choses
DVD, digicode et sauce madère en poudre
Prosternons-nous devant tant de génie
Prosternons-nous et crions « Vive Dieu, le Kapital et Nous ! »
Glorifions le
progrès qui apporte tant de choses
Et qui fait fonctionner toutes ces usines à rêves
Sans elles nous sombrerions dans la névrose
Et la névrose, c’est mauvais pour Dieu, le Kapital et Nous !
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MIKHAIL
BAKOUNINE
« Une
société qui serait gouvernée par des savants aurait donc le gouvernement du
mépris, c’est-à-dire le plus écrasant despotisme et le plus humiliant
esclavage qu’une société humaine puisse subir. Ce serait nécessairement aussi
le gouvernement de la sottise, car rien n’est aussi stupide que
l’intelligence orgueilleuse d’elle-même »
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Not thinking, just sinking
You plead everyday for a world without homelessness
You plead everyday for a world without crimes and sadness
You plead everyday for reasonable capitalism
You plead everyday for virtuous management
You help the poor, it’s your charity business
You envy the rich men, it’s your social problem
You plead everyday but do you really understand
You want to change the world but you refuse to pay for it
But have you heard that voice ?
We are not thinking, we are sinking
We are not thinking, we are sinking
Without pride or decency
We are not thinking, we are sinking
With our greedy way of life
You help the poor, it’s your charity business
You envy the rich, it’s your social problem
You plead everyday but do you really understand
You want to change the world but you refuse to pay for it
We are not thinking, we are sinking
Without pride or decency
We are not thinking, we are sinking
With our greedy way of life
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LOUIS
JANOVER
« Depuis
que le capital est capitalisme, tous les rebouteux du système ont proposé la
même formule magique, avec variations sur les accents toniques, suivant les
goûts et les régions ! (…) Mieux vaut crier au loup, au prédateur, que
d’affronter la banalité même du rapport de production et de provoquer
l’irréparable en s’en prenant à la tyrannie du capital lui-même »
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OP. Iraqi free oil /
Prospect and enslave
Sleep tight my girl, don’t be scared of the noise
made by the planes over your head
Sleep tight my Boy, don’t be scared of the noise made by the planes over your
head
A scripture in the sky proclaims “Freedom for all”
But in these disturbed times, I’ve red “Free oil for us”
I - Au nom du
père, du fils et du Saint-Esprit
Au nom d’un Dieu omniscient, de la couleur de l’argent
Au nom de la civilisation chrétienne et mercantile
Une main sur la bible, l’autre sur le divin baril
Au nom du père, du fils et du Grand Kapital
Du rouleau-compresseur appelé néo-libéral
Au nom de la civilisation du béton et du verre
De la culture jetable qui envahit l’univers
Chorus : Prospect and enslave (x4)
II - Au nom
du Fonds monétaire international
De la Banque mondiale, des multinationales
Au nom des caddies à remplir, des pensées à occuper
De la sacro-sainte loi mortifère du marché
Au nom de l’intérêt général, généralement particulier
Particulièrement pour celles et ceux dont c’est le métier
D’exploiter, d’humilier et de bomber le torse
Face aux gueux qui s’opposent au royaume du Négoce
Chorus : Prospect and enslave (x4)
III – Au nom
des bénéfices à faire et du taux de profit
De la conquête des terres et de la théorie
Du travail qui rend libre et donne la dignité
A condition bien sûr de ne pas en crever
Au nom du droit à polluer, à tout marchandiser
Rien ne doit échapper à l’emprise du marché
Qui enserre, qui aliène la planète entière
Et transforme la critique en slogan publicitaire
Chorus : Prospect and enslave (x4)
IV –Au nom
des pères humiliés, bouche tue, tête baissée
Au nom des mères, aphones, d’avoir trop crié
Au nom des enfants qu’on enterre d’avoir tant jeûné
D’avoir tant attendu le soin approprié
Le bonheur des uns fait la misère des autres
Je hais les requins qui, dans le luxe, se vautre
L’hédonisme à deux balles vendu avec code-barre
Notre liberté, mon Frère, a le goût du cadavre
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